" Les Eglises assyriennes de la Route de la Soie "

 

C'est sur ce thème original et que beaucoup d'entre nous découvraient que, réunis en fin d'après-midi le mardi 16 juin 2009 à la Maison des Associations de Neuilly, 2bis, rue du Château, nous avons eu le privilège d'entendre notre Ami Jean-Claude CHABRIER.

Né à Neuilly, Jean-Claude a accompli toute sa scolarité au Lycée Pasteur jusqu'en 1949. Docteur en médecine, puis orientaliste-musicologue, il a été chercheur au CNRS et enseignant des analyses de musiques traditionnelles, notamment à Paris-Sorbonne. Il est lauréat de l'Académie du Disque français et de l'Académie Charles Cros. Titulaire des fonds audio-visuels arabesques et C.H.R.I.S.T.O.S (Centre pour l'Histoire, la Recherche, l'lllustration, la Sauvegarde des Traditions de l'Orient Spirituel), il a découvert le Turabdîn syriaque orthodoxe en 1957 en Turquie.

C'est ainsi que, depuis maintenant plus de 50 ans, il se passionne pour l'histoire des Chrétiens d'Orient et se rend au Proche-Moyen-Orient chaque été. Au cours de la séance remarquable qu'il nous a offerte ce 16 juin en commentant les photos réalisées par ses soins au cours de ses voyages en Iran, en Iraq, en Syrie et en Turquie, au mépris du danger permanent dans ces contrées troublées, Jean-Claude nous a rappelé que les Assyriens (Nestoriens) sont des Chrétiens des premiers siècles fidèles à Nestorius, exclu au Concile d'Ephèse en 431.

Au fil des photographies présentées, Jean Claude nous a fait découvrir un monde et une réalité inconnus pour beaucoup d'entre nous :Dans le Nord de la Syrie, les églises assyriennes rassemblent des réfugiés de Turquie et d'Iraq avec un évêché et une cathédrale à Hasêké.Dans le Sud-Est de la Turquie, au-delà du Tigre, les villages et les églises ont été abandonnés par les Assyriens autochtones en raison des massacres liés à l'islamo-kurdification depuis le XIXème siècle.

Les églises ont été saccagées et les villages détruits ou annexés. On découvre des ruines d'églises de hameaux, d'une cathédrale à double nef (Semdinan) et de l'ex basilique patriarcale (Qoçannes).En Iraq, les Assyriens autochtones du grand Nord ont été chassés et remplacés par des Peshmergas. Des églises récentes accueillent les réfugiés d'Iraq ou de Turquie dans d'autres bourgades chrétiennes ou dans les grandes villes. En Iran, il y avait encore en 1957 plusieurs centaines de milliers de Chrétiens en Azerbaidjan autour d'Urumîya ("la ville de l'eau"), de Salmas, et à Téhéran. Des Kurdes ont pris leur place.

L'ancienne cathédrale Mart Maryam a été doublée par un édifice moderne et le monastère Sargis-Bagos accueille les pélerins de la diaspora. En campagne, les églises sont vides, mais bien entretenues. Les quelques milliers d'Assyriens et Chaldéens qui sont restés, les artistes Violette et Cyrus, nous invitent à célébrer l'assomption 2008 à Khosrova : piquenic arrosé et dabké "décolletée".

Les deux photographies sélectionnées par Jean-Claude CHABRIER et que nous présentons en illustration de ce petit compte-rendu reflètent assez bien l'atmosphère particulière dans laquelle notre ami a si bien su nous faire plonger pendant une heure et demie, ce dont nous le remercions encore très chaleureusement.